AgirpourIngrid.com - Paris - 27/04/08
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner entame lundi une mission visant à relancer le dialogue entre la Colombie et ses voisins du Venezuela et d’Equateur afin d’obtenir la libération d’Ingrid Betancourt.
Sa tournée dans les trois pays constitue "une grande opportunité pour que le gouvernement colombien relance l’accord humanitaire" mais elle débute "dans un ambiance difficile, qui n’est vraiment pas des meilleures", a expliqué à l’AFP Carlos José Herrera, directeur de chaire à l’Université de Pamplona.
En apprenant l’arrivée du chef de la diplomatie française, Alvaro Uribe a d’entrée de jeu annoncé qu’il s’opposerait à toute médiation du président vénézuélien Hugo Chavez. Alvaro Uribe avait brusquement mis fin à une mission de son homologue en novembre, l’accusant "d’ingérence" dans les affaires colombiennes.
"Ce voyage de trois jours de Bernard Kouchner n’a qu’un seul objectif : alléger les tensions entre Bogota, Quito et Caracas pour créer une ambiance favorable pouvant bénéficier aux otages", a commenté, non sans prise de position assumée, le quotidien colombien El Tiempo.
L’ancien député de gauche Leon Valencia, directeur d’une Fondation d’étude des crises (Nouvel arc-en-ciel) est pessimiste : "Kouchner va devoir vaincre la résistance du gouvernement Uribe de réintroduire Chavez (dans les négociations) qui est très forte, alors que pour Bogota l’accord humanitaire n’est pas prioritaire". "Tout indique que les FARC exigent la médiation de Chavez. Si Kouchner arrive à convaincre Uribe et Chavez, la France aura alors de fortes chances pour qu’Ingrid et les autres otages soient libérés", a indiqué à l’AFP Leon Valencia.
Dans son plus récent communiqué, l’agence Anncol, proche de la guérilla, estime que l’actuelle priorité pour les FARC "est de se débarrasser de la mafia paramilitaire de la présidence (....) car rien ne fonctionne avec le régime actuel". "Prétendre parvenir à des accords humanitaires, aussi petits soient-ils, est illusoire", écrit l’agence de presse, affirmant que la France est témoin de "l’absence de volonté humanitaire" du gouvernement d’Alvaro Uribe. Anncol rend hommage au "rôle incontestable" du président Chavez, "un homme de parole et de confiance", en faveur d’un accord humanitaire.
Autre difficulté pour M. Kouchner : les relations entre Quito et Bogota sont encore plus mauvaises que celles entre la Colombie et le Venezuela. Le 3 mars, l’Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie après une attaque de l’armée colombienne en territoire équatorien au cours de laquelle le numéro deux des Farc, Raul Reyes, a été tué.
De leur côté, des militaires colombiens ont affirmé samedi qu’une attaque à l’explosif lancée vendredi par les FARC et ayant blessé un soldat, était partie du territoire équatorien. L’Equateur a évidemment rejeté ces accusations, affirmant contrôler militairement la frontière avec la Colombie.




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