AgirpourIngrid.com - Paris - 12/01/08
Samedi 12 janvier, au surlendemain de leur libération, Clara Rojas et Consuelo de Perdomo ont donné une conférence de presse à Caracas, où elles sont revenues en détails sur leurs conditions de détention.
Une tentative d’évasion

- Clara Rojas
Clara Rojas a raconté avoir tenté de s’évader avec Ingrid Betancourt durant sa détention, et après les avoir reprises, leurs ravisseurs ont utilisé des serpents et des tarentules pour les punir de leur fuite, a raconté vendredi l’ex-otage des Farc.
La tentative d’évasion, en pleine nuit, a échoué lorsque les deux femmes se sont perdues : "Nous n’avons pas pu quitter les alentours du camp car nous ne pouvions pas nous orienter dans l’obscurité, alors nous avons échoué", a déclaré l’ex-otage. S’attribuant mutuellement l’échec de leur fuite, elles se sont alors disputées avant de se réconcilier plus tard, a raconté Clara.
En représailles, les guérilleros ont par la suite placé des serpents, des tarentules et même une carcasse de félin dans leurs couchettes.
La naissance d’Emanuel

- Clara Rojas
Clara Rojas a également raconté la naissance de son fils Emmanuel, né en captivité en 2004 d’une liaison consentie avec un guérillero. L’enfant, aujourd’hui âgé de 3 ans et 9 mois a été séparé de sa mère à l’âge de 11 mois.
Clara indique qu’elle n’a appris que le 31 décembre dernier par la radio que son garçon est actuellement hébergé dans une institution sociale publique colombienne.
"Je n’ai pas de nouvelles du papa de l’enfant, aucune, ni même s’il sait qu’il est le père de l’enfant". L’ex-otage indique qu’elle a reçu une information selon laquelle le père d’Emmanuel "pourrait être mort".
La naissance d’Emanuel a été dramatique : son fils est né par césarienne, avec l’aide d’un étudiant en médecine sans expérience et de deux guérilleras, "dans des conditions artisanales", au milieu de coups de feu et de bombardements.
C’est Ingrid Betancourt qui a confectionné les premiers habits d’Emanuel et lui a chanté des comptines en français, a poursuivi Clara Rojas. "Je garde ces souvenirs ; je veux les montrer à ma mère et les partager avec Yolanda [Pulecio, la mère d’Ingrid Betancourt]."
Clara a confirmé qu’elle avait l’intention de le revoir dans "quelques jours". "Il va y avoir un processus d’accompagnement pour que cette situation soit la moins traumatisante possible pour l’enfant".
Les conditions de détention des otages

- Consuelo et Clara, entourées de leurs familles, Hugo Chavez et Piedad Cordoba
"La prise d’otages est un crime de lèse-humanité", a jugé Clara : "En principe cela ressemblerait à une organisation criminelle". Un verdict sans appel qui fait écho aux propos tenus un peu plus tôt par Consuelo Gonzalez : "les soldats et policiers otages vivent toute la journée avec une chaîne autour du cou".
"Quoi qu’ils fassent, où qu’ils aillent, se baigner, laver leurs vêtements, ils portent leurs chaînes". "Vivre en guerre est une horreur", a-t-elle ajouté. "Nous vivions des situations à haut risque, horribles. Nous sentions pratiquement les bombes exploser à quelques mètres de là où nous étions."

- Consuelo Gonzalez de Perdomo
Beaucoup d’otages détenus par la guérilla colombienne sont enchaînés dans des camps entourés de barbelés et sont terrifiés par les tirs d’artillerie et de mitrailleuse tout proches de l’armée, a raconté Consuelo.
Certains captifs, a-t-elle ajouté, portent des fers 24 heures sur 24 et sont enchaînés la nuit à des troncs d’arbre, alors que les obus d’artillerie tombent tout près. Elle a déclaré qu’elle avait constamment eu peur d’être tuée par les bombes ou les balles des hélicoptères de l’armée colombienne.
Le départ et leurs attentes
Clara a déclaré que ses adieux aux autres otages avaient été très difficiles à vivre. "Tout le monde veut évidemment partir". Lors de la conférence de presse, elle s’est également adressé à son amie Ingrid, dont elle a été séparée depuis 3 ans "pour des raisons de sécurité", en lui disant : "Ingrid, courage, j’espère te voir ici bientôt !".
Revivez en vidéos la libération de Clara et Consuelo, pas à pas
La réaction du Comité de soutien suite à la libération de Clara et Consuelo




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