AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 06/08/08
Libération - Michel Taille
La veille de sa capture, le capitaine jouait aux sorcières dans une petite ville perdue au milieu de la jungle. Le grand gaillard à « l’esprit d’enfant » avait coordonné les activités de la police pour une journée d’Halloween transplantée dans le bassin amazonien, à Mitú.
C’était sa distraction favorite, raconte sa mère : de garnison en garnison, Enrique dégotait des décorations de Noël pour son commissariat, cherchait des animations à chaque fête. A Mitú, bourgade où il était revenu occuper son poste plus tôt que prévu à cause d’une formation d’officiers annulée à Bogotá, il s’était porté volontaire.
Tout avait bien fonctionné : un policier déguisé en clown pour les enfants, une citrouille géante tirée sur une carriole.
Ce soir-là, dans un coup de fil à sa mère, l’officier ne mentionne pas les rumeurs récurrentes d’attaque des Farc. Mais quelques heures plus tard, des centaines de guérilleros jetaient la cinquantaine d’agents au bas du lit, au son des grenades et de leurs bombes artisanales.
Robertina Sánchez, la mère du capitaine, fervent catholique, apprendra l’assaut le lendemain, au retour de la messe de 7 heures du matin. « L’angoisse a commencé à ce moment-là », se souvient-elle.
Elle n’a pas cessé, neuf Halloween plus tard.
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


Signalez un bug