AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 23/08/08
Libération - Michel Taille
Des cinq enfants, c’était le seul à avoir trouvé un boulot stable. Grâce au salaire qu’il recevait dans une droguerie de Pasto, la froide ville de montagne où il a grandi, Jorge Humberto réussissait à faire vivre ses parents et à aider la fratrie. Mais le petit commerce a fait faillite, et le jeune homme a fini par s’engager dans la police. Devenu flic, il ne revenait plus que de temps en temps, lors des permissions, pour célébrer les fêtes de fin d’année ou les anniversaires. Au début, il racontait des anecdotes de Bogotá, la capitale, où il commençait sa carrière. Ce calme a cessé à la première mutation. L’intendant Romero s’est retrouvé nommé au commissariat de Puerto Rico, au bout d’une route en cul-de-sac, dans la jungle, loin de ses Andes natales. C’est là que la guérilla l’a capturé, le 10 juin 1999, en prenant le village d’assaut. Depuis, les Farc n’ont envoyé que quelques preuves de vie, la dernière il y a plus de quatre ans. « Il avait l’air encore très fort, raconte son cadet, Oscar. Mais c’était il y a si longtemps… » Aujourd’hui, le frère ne sait plus quoi répondre aux voisins qui demandent des nouvelles de Jorge.
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


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