AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 28/08/08
Libération - Michel Taille
Le mois dernier, Norma Trujillo est revenue pour la première fois dans la petite ville colombienne de Puerto Rico. Effondrée, elle a revu les rues où son mari, le sergent Forero, a subi en 1999 plusieurs assauts de la guérilla avant d’être capturé. « J’en suis tombée malade, raconte-t-elle, ça me rappelait trop de souvenirs. » La dernière fois qu’elle s’était rendue dans cette bourgade, c’était trois jours avant l’attaque. Il lui avait fallu endurer une journée de route sur des chemins cahoteux, pour fêter avec son époux les 8 ans de leur fils. La situation était déjà tendue, lui avait expliqué le sous-officier : les policiers ne s’éloignaient jamais seuls du commissariat, situé à l’entrée du village, et les rumeurs d’une attaque des Farc revenaient avec insistance dans les conversations. Sur le chemin du retour, Norma, la peur au ventre, avait même été contrôlée par les guérilleros à un barrage. Depuis, elle n’a plus fêté d’anniversaire avec son mari. Elle doit se contenter de donner des nouvelles en envoyant des messages à des émissions de radio. Leur aîné a maintenant passé le bac, et sa petite sœur lui demande à quoi ressemblait leur père.
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


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