AgirpourIngrid.com - Paris - 07/12/07
Ma belle petite maman, mon coeur,
Je veux te dire, avant tout, que je t’aime de toute mon âme. Les mots ne sont pas suffisants pour te dire combien tu me manques. Je me rends compte, à mesure que passe le temps, que passent les années loin de ton amour, à quel point tu es une mère et une femme incroyable. Je veux que tu saches, je veux que tu sois sûre, qu’il ne s’est pas passé un jour, depuis ta prise d’otage, sans que je pense à toi.
Ma petite maman, à présent, j’étudie à la Sorbonne (enfin presque, à cause des grèves). N’en doutes pas, je continue à faire de la guitare... Cela me fascine.
Je dois faire, sans exagérer, 1m78, tu avais raison sur ma taille... Je n’allais jamais être très grand mais cela n’importe pas. Vraiment, ma belle petite maman, je ne sais pas par où commencer... J’ai tant à te raconter, trop de choses en fait.
Pendant les vacances d’été, j’ai été en Corse et j’ai fait une grande marche avec une amie. Cela a été superbe. Les gens étaient très sympas même s’ils devenaient furieux quand je dormais dans leurs jardins sans permission. J’ai aussi fait quatre chansons avec mon groupe... Enfin, mon ex-groupe. Elles étaient de bonne qualité, nous les avons faites dans un vrai studio. Tu ne peux pas t’imaginer le son, comme si c’était un disque).
Plus je te raconte ma vie (et ne t’inquiètes pas, il y a beaucoup à raconter... même si c’est un peu dans le désordre), plus je me rends compte que j’ai besoin de toi, et que tu es une mère impressionnante. La plus forte de toutes. Celle que j’aime de tout mon coeur.
Bon, je continue : j’étudie l’économie et le droit (oui, c’est dur, beaucoup plus que ce que je pensais) et il faut travailler beaucoup. Mais bon, la bonne nouvelle (même si étudier ici est une bonne nouvelle), c’est que je vis dans l’appartement que tu aimes tant. J’espère que tu t’en souviens. C’est très bien pour la vie d’étudiant... Non, c’est même incroyable.
Maman, tu veux me voir vivre. Moi, je veux que tu vives, je veux que tu manges le mieux possible et que tu ais l’envie de vivre.
Maman, je t’enverrai des messages le lundi, le mercredi et le vendredi par RFI. Et également d’autres, si je peux, par RCN ou Radio Caracol. J’espère de tout mon coeur que ma voix pourra t’aider. Mon âme est avec toi. Tu me manques trop. Je t’aime.
Ton Loli.
Je veux aussi m’adresser à tous les otages.
Ne pensez pas une seconde que nous n’allons pas vous libérer tous. Ce combat, c’est pour vous sortir tous de là. Nous savons très bien qu’il y a une véritable URGENCE. Le Président Sarkozy a parlé à ma maman et à vous tous. Il s’est engagé à tous vous sortir de là. C’est aussi la première fois que cela prend une telle dimension internationale.
Tout ça pour vous dire à tous que nous allons vous sortir de là. Tout ça pour vous dire que le monde ne vous laissera pas tomber.
Soyez forts. Je vous envoie à tous par ce message une accolade pleine d’espoir.
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