AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 25/08/08
Libération - Michel Taille
De lui, sa sœur Cielo conserve une rose, taillée dans un noyau de mangue. C’est le dernier objet que la guérilla lui a permis de transmettre, il y a cinq ans. Depuis, sa famille n’a reçu que des messages enregistrés, où le sergent insiste pour que « la France et les autres pays » interviennent. Ses parents paysans, ses huit frères et sœurs ne trouvent plus la force ni les moyens de lui faire parvenir des nouvelles. Certaines familles d’otages donnent des interviews aux médias colombiens en espérant que leurs proches les entendent sur un transistor, au fond de la jungle. « Mais quel journaliste va venir jusqu’ici ? » demande Cielo. Leur petite ville de Túquerres, perdue dans les montagnes du sud-ouest colombien, est à vingt heures de route de la capitale, Bogotá. Cielo avait pris l’habitude d’aller à Cali, à huit heures de là, pour envoyer des messages. Mais après un attentat attribué aux Farc, le gardien de l’immeuble ne l’a plus laissée entrer.
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


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