AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 11/08/08
Libération - Michel Taille
María Concepción en sait de moins en moins sur son fils. Depuis plus de quatre ans, la guérilla n’a transmis aucune preuve de vie du sergent. Sur les dernières, « c’est lui qui essayait de nous encourager, raconte-t-elle. Il nous rassurait sur sa santé ». Aujourd’hui, cette femme décidée et austère tente d’imaginer comment il va. Quelques anciens otages, qui avaient partagé sa captivité il y a plusieurs années,ont juste pu lui confirmer ce qu’elle savait déjà : que son fils a « des mains exceptionnelles », avec lesquelles il dessine et écrit dès qu’il trouve une feuille de papier.
Sur les quelques lettres filtrées par les Farc, elle avait ainsi pu découvrir la jungle, représentée d’un trait agile par le sous-officier : des palmiers, une végétation foisonnante, coloriée au bord de rivières à lacets… Dans un pays très catholique, ce montagnard représente aussi la Vierge d’un sanctuaire de sa région, Las Lajas. Sa mère ne sait plus à quel saint se vouer pour avoir des nouvelles. Pour assister à la cérémonie des dix ans de captivité de son fils et de trois compagnons, la semaine dernière, elle a supporté les dix-huit heures de bus qui la séparait de la capitale, Bogotá. Aujourd’hui, elle attend un geste de la guérilla, un assouplissement du pouvoir… « Nous, nous avons épuisé nos larmes. »
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


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