AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 01/08/08
Libération - Michel Taille
A 51 ans, depuis la litière de fortune où il était enchaîné, le plus haut gradé détenu par les Farc a réussi à sortir la Colombie de sa torpeur. Le 19 décembre, quand ses ravisseurs lui ont donné des feuilles pour écrire enfin à ses proches, après des années de silence, le colonel a jeté sur le papier toutes ses souffrances. Lui, dont la bonne humeur semblait inébranlable, qui élevait des perruches en début de captivité, raconte en vrac les crises de paludisme et ses plaies de leishmaniose, les querelles entre prisonniers, les longues marches pour échapper à l’armée, ses douleurs au thorax… Au pire moment, les jambes au bord de la nécrose, Mendieta doit ramper « dans la boue pour aller aux toilettes » ; à peine convalescent, il est enchaîné. Ses lettres, lues par sa fille d’une voix étranglée à la radio, ont sensibilisé l’opinion après des années d’indifférence : jusque-là, l’important était de gagner la guerre contre les Farc, peu importait le sort des otages. « Le pire, ce ne sont pas les chaînes que nous portons au cou, ni les maladies, commente l’officier, […] c’est l’agonie mentale, la colère que produit la perversité des méchants et l’indifférence des bons. » Depuis, deux manifestations contre les enlèvements ont rassemblé des millions de Colombiens.
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC
La bouleversante lettre du Colonel Mendieta


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