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Agir pour Ingrid Betancourt

L'accord humanitaire maintenant pour libérer tous les otages en Colombie


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Mélanie Betancourt, la petite mousquetaire

Dernière édition : 25 mars 2008


AgirpourIngrid.com - Paris - 29/05/07

Le principal hebdomadaire colombien, Semana, a réalisé un portrait de Mélanie Delloye Betancourt, plus de cinq ans après l’enlèvement de sa maman. IngridBetancourt-idf.com vous en restitue l’intégralité, en français.

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Petite mousquetaire

Mélanie Delloye Betancourt, la fille d’Ingrid Betancourt, est devenue le fer-de-lance en France des campagnes pour la libération des otages. SEMANA a parlé avec elle.

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Les récentes critiques de Mélanie Delloye Betancourt contre le président colombien Alvaro Uribe, ont amené plus d’une personne à froncer les sourcils et désapprouver de la tête. Beaucoup de Colombiens faisaient la même chose quand, il y a des années, sa mère abordait les sujets qui fâchent au Sénat. La fille a hérité de sa détermination comme de sa capacité à parler sans faire de mystères, pour exprimer ce qu’elle pense avec le cÅ“ur. « Une chose que ma maman nous a transmis à mon frère et moi es le sens de la lutte, mais de la lutte quand on croit réellement en quelque chose », explique Mélanie.

A 21 ans, elle a consacré tous ses efforts et ses larmes à faire connaître à l’étranger, le fléau de la prise d’otage en Colombie, à travers l’histoire et l’image de sa mère. « Cela me fait toujours mal quand je vois certains articles qui disent que nous luttons uniquement pour ma maman et pour Clara (ndlr : Rojas, collaboratrice d’Ingrid, enlevée avec elle). Et cela me fait mal parce que depuis le début, nous avons réellement tout fait pour également parler des autres et faire comprendre que ma maman est un symbole mais qu’il y a 58 otages politiques et des milliers d’autres pour des raisons économiques ». C’est pourquoi sa voix n’a pas tremblé à l’heure de dénoncer ce qu’elle considère comme un manque de volonté du gouvernement colombien quant à négocier avec les FARC pour parvenir à un accord humanitaire. Un accord humanitaire qui permettrait de libérer les otages politiques, parmi lesquels certains sont privés de liberté depuis près de neuf ans.

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Quand, le 23 février 2002, Ingrid a été amenée par la force dans les profondeurs de la jungle colombienne, Mélanie avait 16 ans, l’âge auquel une jeune a le plus besoin de sa maman. Elle a aujourd’hui 21 ans et a déjà eu sa licence de philosophie à l’Université de la Sorbonne. Elle a du grandir plus vite, comme tous les enfants qui affrontent la dure réalité d’avoir un parent séquestré. A son jeune âge, elle a déjà un agenda de rendez-vous avec des chefs d’Etat, des journalistes et des hommes politiques. Mais elle a grandi face aux circonstances. Les micros ne l’intimident pas et elle est une leader naturelle qui a réussi à mobiliser des milliers de personnes en France, pour générer la prise de conscience sur la tragédie que vivent les plus de 3.200 otages de Colombie.

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Le 16 mai, la famille Delloye Betancourt a eu un sursaut de joie quand elle a entendu les déclarations du policier Jhon Frank Pinchao, qui avait récemment échappé aux FARC après huit ans de captivité. Il disait avoir été dans le même campement qu’Ingrid et racontait qu’elle était vivante et en bonne santé. Il a ajouté qu’elle écrivait beaucoup, faisait de l’exercice quand elle pouvait, essayait de lui apprendre le français et avait tenté de s’échapper à cinq reprises. « Qu’il nous apporte des nouvelles de ma maman a été très fort car nous ne savions plus rien d’elle depuis quatre ans. Je crois que nous avons tous été soulagés de savoir qu’elle était bien en vie, bien que cela soit une certitude que j’ai toujours eu en moi, malgré les rumeurs », a assuré Mélanie.

Le cas de Pinchao a amené Nicolas Sarkozy à réitérer sa demande au président colombien, de soutenir une négociation avec la guérilla, tel qu’il l’avait dit dans son discours de prise de fonction. Le nouveau président français a, de plus, reçu Mélanie, son frère Lorenzo (âgé de 18 ans) et son père, Fabrice Delloye, pour une réunion privée au Palais de l’Elysée. Mais quelques heures plus tard, Alvaro Uribe ordonnait : « Messieurs les généraux, nous allons porter secours à Ingrid Betancourt, je vous en prie ». Ce n’est pas un secret et Pinchao l’a redit : un raid a feu et à sang mettrait en péril la vie des otages. « Ces déclarations m’ont honnêtement parues complètement irresponsables » a expliqué Mélanie à Semana alors qu’elle traversait la Ville Lumière pour arriver à un autre de ses rendez-vous. « Car si ce que cherche réellement Uribe, est la libération de ma maman et des autres otages politique par la voie militaire, la moindre des choses qu’il doit faire est de traiter ce dossier avec discrétion et non pas faire des annonces au monde entier. Il me semble que ses paroles ont été un coup médiatique ».

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La France est sa deuxième maison, mais la Colombie continue à être sa patrie, où elle a passé la plus grande partie de sa vie. Ses parents se sont séparés quand elle avait 4 ans, mais elle assure qu’ils ont su gérer intelligemment le divorce et que jusqu’à aujourd’hui, malgré la terrible distance, ce sont de grands amis. Avec l’époux d’Ingrid, Juan Carlos Lecompte, elle maintient également une relation proche et le remercie du profond amour qu’il ressent pour sa mère. A 11 ans, elle a été obligée, pour la première fois, de quitter le pays à cause des menaces qui planaient sur elle et son frère, quand sa mère était congressiste. A 14 ans, elle est revenue et a vécu à Bogota jusqu’à ce qu’Ingrid lance sa campagne présidentielle. Depuis lors, elle n’a pas pu revenir mais elle rêve de le faire, tous les jours.

Elle se souvient aussi des conversations franches et ouvertes qu’elle avait, chaque jour, avec sa maman. « Elle est quelqu’un d’extrêmement intelligent qui sait prendre un peu de distance avec les choses pour les analyser. Sa présence était infinie et c’est pourquoi son absence l’est aussi », dit Mélanie avec nostalgie, avant d’assurer qu’elle a été la meilleure maman du monde. Elle est également très reconnaissante vis-à-vis de la relation étroite qu’elle entretient avec son frère, Lorenzo, qu’elle a pu voir grandir et devenir un homme, à la différence de sa mère.

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A présent, Mélanie est une femme indépendante qui vit seule à Paris. Il n’est pas rare de la rencontrer, un jour comme un autre, marchant au bord de la Seine, sur le Champ de Mars ou la Place de la Concorde avec une photo de sa mère, grandeur réelle. Suivie par des centaines de personnes de différentes nationalités qui portent des pancartes demandant la libération des otages en Colombie. Il n’est pas rare non plus de l’écouter faire des déclarations à la radio ou au Parlement européen. Peut-être que tous ne sont pas d’accord avec sa vision du monde et son opinion politique, mais personne ne peut nier qu’elle n’a pas connu de répit dans sa lutte, que sa volonté inébranlable comme son espoir ont inspiré des milliers de personnes. Des milliers de citoyens honnêtes qui, comme elle, attendent le retour prochain des otages parmi leurs proches.

Dernière édition : 25 mars 2008 Favoris Envoyer la page à un ami! Digg! Del.icio.us Facebook Technorati Google MyYahoo! Enregistrer au format PDF Remonter
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