AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 31/07/08
Libération - Michel Taille
C’est l’un des deux plus anciens et peut-être le plus méconnu des otages de la guérilla. Le caporal Martinez a été capturé par les Farc après l’attaque de Patascoy, une base de communication militaire perchée sur les hauteurs brumeuses des Andes, non loin de la frontière équatorienne. Ses parents, deux paysans de la région, n’ont rien pu trouver dans les ruines fumantes. Peu loquaces, plus habitués aux travaux des champs qu’aux micros des télévisions, ils supportent l’attente loin des médias, dans une petite ferme du village d’Ospina, sur l’altiplano andin. Le 2 juillet, c’est plusieurs heures après la nouvelle qu’ils ont appris la libération des 15 otages, dont Ingrid Betancourt, sur leur petite télé en noir et blanc. Leur fils ne se trouvait pas parmi les hommes qui descendaient de l’avion, joviaux. Les embrassades n’étaient pas pour eux. Le samedi suivant, comme toutes les semaines, tard dans la nuit, les parents ont enfilé leurs ponchos de laine et ont quitté leur maison inachevée pour gagner le centre du village, à 5 km de là. Le but : trouver un téléphone pour envoyer des messages via l’émission de radio les Voix de l’enlèvement. En retour, ils ont reçu de rares vidéos de leur fils. « Il nous dit qu’il va bien, mais on voit qu’il est usé. »
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC
Pablo Emilio Moncayo et Jose Libio Martinez otages des FARC depuis 10 ans


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