AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 26/08/08
Libération - Michel Taille
Le tribun et ex-parlementaire de 62 ans « est en train de perdre la parole », s’inquiète son épouse. Sur le dernier message transmis par la guérilla, le verbe du plus vieil otage politique des Farc avait perdu de sa fluidité. Contrairement à la plupart de ses compagnons d’infortune, retenus en groupe dans le sud du pays, Lizcano aurait toujours été détenu seul dans les « centaines de campements » où ses gardiens l’ont fait passer. « Sa seule compagnie, c’est la radio et quelques livres. Il n’a personne avec qui discuter », raconte sa femme. C’était pour prononcer un énième discours, pour l’inauguration d’un terrain de foot, que Lizcano s’était aventuré dans un hameau de son département, le Caldas, un matin d’août 2000. Les Farc l’attendaient : il fut leur premier parlementaire séquestré et réduit au silence. Depuis, son fils l’a relayé face aux micros. Et il a repris son siège d’élu, sous la bannière de la coalition gouvernementale, laquelle est opposée aux exigences de la guérilla de négocier un « échange humanitaire » de prisonniers. Dans « les jungles humides », son père, malgré son élocution plus lente, l’appelle à la modération : il ne veut pas revenir sous la forme « d’os froids et jaunissants ».
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


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