AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 07/08/08
Libération - Michel Taille
Il aurait aimé avoir « au moins un procès ».
En 2002, le sergent de police a profité du passage par son campement de prisonniers d’un des plus hauts chefs des Farc, Jorge Briceño, pour affronter ses geôliers. « Les guérilleros qui se font prendre pour rébellion passent deux ans en prison et on les relâche, a-t-il lancé au commandant, alors l’un des plus puissants de la guérilla. Moi, ça fait des années que je suis là et je ne sais toujours pas quand je pourrai sortir ! »
Il voulait une condamnation ferme, des baisses de peine pour bonne conduite : « Rendez un jugement ! » a-t-il exigé.
Lors de la scène - racontée depuis par l’un des rares otages évadés, John Pinchao - la famille de Salcedo avait déjà vécu quatre Noëls sans joie. Sa mère adoptive, Trinidad Orjuela, avait cessé de célébrer la fête la plus importante des Colombiens, en souvenir du fils qui « allumait toujours les feux d’artifice », celui qui « s’installait toujours à table en premier ».
Depuis, rien n’a changé. Les fêtes de fin d’année se succèdent sans nouveauté dans la famille tronquée. « Nous n’écoutons même plus les informations », a déclaré la mère aux journalistes.
Dans la jungle, Robinson, qui a délaissé la stricte discipline des casernes au point de se faire surnommer « le chevelu », attend toujours une réponse à sa requête.
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


Signalez un bug