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Agir pour Ingrid Betancourt

L'accord humanitaire maintenant pour libérer tous les otages en Colombie


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"Une souffrance sans limites"

Dernière édition : 25 mars 2008


AgirpourIngrid.com - 17/01/08 - Paris

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Consuelo Gonzalez remettant les preuves de vie

Consuelo Gonzalez, récemment libérée par les FARC, a apporté des lettres et des photographies de l’ancien gouverneur du Meta Alan Jara, des ex-députés Jorge Eduardo Gechem, Gloria Polanco et Orlando Beltran, ainsi que de quatre officiers et sous-officiers de l’armée et de la police colombiennes. Ces huit otages se trouvaient dans le camp où elle était détenue et font partis des otages politique échangeables contre des guerilleros emprisonnés dans le cadre d’un accord humanitaire. Certaines des lettres, bouleversantes ont été rendues publiques par leurs proches. Elles rappellent à quel point la situation des otages dans la jungle est critique et difficile.

Les chaînes

Plusieurs otages se plaignent dans les lettres d’être enchaînés, selon les témoignages des familles. "Je demande avec respect et humilité à Manuel Marulanda (le chef des Farc) de mettre fin aux chaînes", a imploré Marleny Orjuela, directrice d’ASFAMIPAZ, une ONG qui regroupe les familles des militaires et policiers aux mains de la guérilla.

A la suite de cet article, nous revenons sur ces lettres. Prochainement, vous pourrez trouver en trouver la traduction intégrale, sur ce site.

"Une souffrance sans limites" - Luis Mendieta

Une des preuves vie concerne le colonel de la police Luis Mendieta pris en otage le 11 janvier 1998 dans la région de Mitu (lire sa lettre en espagnol - El Tiempo). Il y décrit son énorme souffrance : "ces dernières années, nous avons cru atteindre le fond de la souffrance. Mais après neuf, huit, sept années de captivité, nous sommes arrivés à la conclusion que la souffrance provoquée par la séquestration est sans limites".

Plus que la douleur, les chaînes autour du cou, les maladies, "ce qui nous afflige est la souffrance mentale que provoque l’irrationalité de tout ceci", poursuit le colonel dans cette lettre datée du 21 décembre. Il ajoute également : "Il semble que nous n’ayons aucune valeur, que nous n’existions pas."

Pourtant, les souffrances physiques sont terribles également, crises de paludisme, diarrhées, mais surtout le long calvaire qu’il a vécu lorsque ses pieds, jambes et articulations se sont infectés. Ce qui ne l’a pas empêché de devoir continuer les longues marches dans la jungle, le tout avec des béquilles de fortune, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus avancer et doive être transporté sur un brancard par les guérilleros.

Luis Mendieta sera resté cinq semaines sans pouvoir marcher, alors que les incessants déplacements ne cessaient pas, craignant de perdre ses jambes devenues noires et enflées, échappant au tétanos avant de se remettre lentement. "Ne pouvant pas me lever, j’ai parfois dû ramper dans la boue à la seule force de mes bras afin d’aller aux toilettes", écrit Mendieta dans une lettre, dont sa fille a donné lecture.

Mendieta affirme également avoir été enchaîné à un poteau et passer ses journées à jouer aux cartes ou à apprendre l’anglais et le russe, que lui enseigne un autre otage.

Dans sa lettre, il mentionne également d’autres otages :

- Clara Rojas

Le colonel Mendieta évoque comment Clara Rojas a donné le jour à son fils Emmanuel "dans des conditions infra-humaines". Et la solidarité de ses camarades, qui ont fabriqué vêtements et objets pour l’enfant.

- Le lieutenant Peña

Autre compagnon de captivité dont le "mauvais état mental" a fait que les guérilleros l’ont éloigné du groupe, disant l’avoir envoyé suivre un traitement psychiatrique, aux environs de 2000. "Depuis cette date, nous ne savons rien de lui". Il a lui aussi été capturé le 11 janvier 1998.

- Preuve de vie d’Alan Jara
L’ancien gouverneur du Meta, enlevé en juillet 2001, dit dans sa lettre à sa famille, souffrir de maux de tête chroniques dus à un parasite qui l’aurait frappé au cerveau.

La demande de l’otage Jorge Eduardo Gechem : l’aide de Cuba

Dans une lettre lue par l’épouse de Gechem (lire des extraits en espagnol - El Tiempo ), le parlementaire demande l’aide de Cuba, qui avait accueilli l’été dernier des négociations en vue d’un accord de paix avec l’ELN, deuxième guérilla de Colombie.

Gechem, qui souffre d’un ulcère et d’une maladie du coeur, se dit prêt à être incarcéré à Cuba le temps de sa guérison, a rapporté sa femme. "Président Fidel Castro, je vous demande, je vous conjure de faire un geste d’humanité supplémentaire. Sauvez cette vie, commandant Castro", écrit-il.

Ces preuves de vie nous montre une fois de plus à quel point les conditions de vie des otages dans la jungle sont insupportables. A la souffrance physique s’ajoute la souffrance morale face à l’indifférence qui, comme le dit le colonel Mendieta dans sa lettre, pèse plus que les chaînes. L’accord humanitaire apparaît toujours plus que nécessaire et urgent : continuons à nous mobiliser pour eux comme pour Ingrid.


L’appel de Consuelo Gonzalez :

Après un long entretien avec le Président Uribe, Consuelo s’engage fortement pour une solution pacifique et urgente au sort tragique des otages :

"Le président s’est engagé à travailler intensément pour un accord humanitaire" déclare-t-elle au quotidien espagnol El Pais. "Je lui ai dit que c’est une course contre la montre, contre la mort. La situation est tellement difficile que si nous ne faisons pas quelque-chose rapidement, ils (les otages, ndlr) pourront difficilement résister" indique encore Mme Gonzalez.

Souhaitons que cet appel sera entendu par tous.

Dernière édition : 25 mars 2008 Favoris Envoyer la page à un ami! Digg! Del.icio.us Facebook Technorati Google MyYahoo! Enregistrer au format PDF Remonter
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