AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 20/08/08
Libération - Michel Taille
Si l’on en croit les rumeurs, il a déjà été tué deux ou trois fois en captivité. Depuis l’enlèvement du policier, à un barrage de la guérilla colombienne, sa famille vit ballottée au gré des racontars. Pendant longtemps, sa mère, Inírida Guarnizo, s’est raccrochée au moindre coup de fil. Un jour, c’est un inconnu qui lui demande, au nom de la guérilla, l’équivalent de 4 500 euros de rançon pour libérer son fils. L’appel venait en fait de la prison toute proche, donné par un délinquant alléché par les recherches désespérées de la famille. Plus tard, l’armée découvre les papiers de l’agent dans un campement, après un combat meurtrier avec les Farc. Des officiers parlent de trois guérilleros abattus, d’autres de six cadavres : le policier, enlevé avec deux collègues, a-t-il été tué en même temps que ses ravisseurs ? La famille frappe à toutes les portes de la hiérarchie militaire pour voir les corps, en vain. Il a fallu que les Farc fassent parvenir une vidéo de preuves de vie au président vénézuélien, Hugo Chávez, en mars, pour qu’Inírida voie enfin son fils lui adresser un bref salut à travers l’écran : « Mais depuis, plus personne ne parle de lui. »
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


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