AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 15/08/08
Libération - Michel Taille
Pour le jour de sa libération, en 2002, la famille de cet officier avait fait imprimer une vingtaine de tee-shirts à son effigie. La police avait fait venir les proches à Bogotá pour leur confirmer la bonne nouvelle. « Ils étaient prêts à sortir de la jungle, nous ont-ils dit », a raconté le père du capitaine. Mais les Farc ont détourné un avion de ligne pour enlever un sénateur, le pouvoir a rompu les négociations tortueuses qui se tenaient depuis trois ans, et tout espoir est retombé. Depuis, le grand William Donato, de loin le plus costaud de son groupe d’otages, se sent comme un « chiffon ». « Ils nous ont transformés en une guenille que les différents acteurs essaient de tirer à eux », explique-t-il dans sa dernière lettre, au début de l’année. D’un côté du haillon, la guérilla exige le retrait des troupes d’une zone de 780 km2 pour y négocier un échange de prisonniers ; de l’autre, le gouvernement recherche depuis six ans une sortie militaire, comme l’opération d’infiltration qui a permis, le mois dernier, la libération de 15 otages. Isolé dans une autre région, Donato, qui se sent « plus mort que les morts », n’en était pas. Il tromperait aujourd’hui le désespoir en jouant aux échecs avec un d’autres officiers. Ses parents espèrent toujours pouvoir ressortir les tee-shirts.
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
Les otages politiques des FARC


Signalez un bug