AgiravecIngrid.com - Paris/Bogota - 13/08/08
Libération - Michel Taille
De la jungle, le caporal veut que ses proches « dansent et s’amusent à Noël ». C’est du moins ce qu’il demandait, il y a cinq ans, dans la dernière lettre parvenue à ses parents. Les fêtes de fin d’année ont toujours été sacrées dans sa famille de 9 frères et sœurs, et le sous-officier n’avait jamais manqué aux réveillons dans la petite maison paysanne, à l’écart du village andin de Saldaña. Engagé par amour de l’uniforme - comme avant lui son père et un frère aîné -, il se débrouillait toujours pour revenir, chargé de victuailles et avec un peu d’argent, pour célébrer avec eux la période la plus festive de l’année en Colombie. Après quatre ans de captivité, il insistait sur la dernière vidéo pour que ses proches « ne souffrent pas pour [lui] » : « C’est moi qui suis captif », rappelle-t-il. Il demande au président Alvaro Uribe de démontrer le « grand cœur » qui lui a servi de slogan de campagne pour enfin négocier et accuse la guérilla le laisser « prendre racine » dans la jungle, mais ne veut pas que sa famille s’inquiète.
Libération va publier les portraits des otages politiques des FARC, au rythme de un par jour
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